Selon l’enquête, si les élèves s’estiment « plutôt motivés pour apprendre, (…) ils déclarent n’avoir aucun contact avec la langue anglaise en dehors du collège. (…) Ils pensent avoir le plus appris l’anglais lors de séjours linguistiques (30%) ou par des cours particuliers (46%). » Leurs réponses indiquent « une attitude passive pendant le cours. »1 Ce constat a poussé le Ministère de l’Éducation Nationale à adopter le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, indicateur des compétences des élèves. C’est sur ce document que s’appuient les nouveaux programmes de primaire (2005) et collège (2007), qui mettent l’accent sur l’oral et la mise en activité de l’élève. Celui-ci est placé dans des situations de la vie courante avec des tâches précises à accomplir (inviter un ami à une sortie, raconter un film…). En parallèle, les sections européennes de collège et lycée permettent déjà depuis 1992 de suivre des cours d’histoire, mathématiques, etc. en langue non-française, et de participer à des échanges linguistiques. La maîtrise d’une langue vivante étrangère pour tout citoyen européen étant l’un des objectifs de l’Union Européenne, le chemin à parcourir semble long ! Ma grand-mère fait encore ses courses chez « Lédère Prisse » (comprenez « Leader Price ») et mes amis manipulent « PO-ou-eur » Point (« Power Point », à prononcer « PA-ou-eur »…). Alors pourquoi mes filles de 5 et 3 ans sont-elles capables de chanter : « Jesus, you’re my superhero » (Jésus, t’es mon super-héros) sans trace d’accent français ? Elles baignent dans une pratique très modeste de l’anglais depuis leur plus jeune âge ! Le linguiste Noam Chomsky a prouvé que l’individu naît avec la capacité d’identifier et reproduire tous les sons, mais qu’au cours de ses toutes premières années d’existence, le cerveau se ferme à ceux qu’il n’entend jamais. D’où la difficulté d’apprendre une langue étrangère à l’adolescence comme à l’âge adulte. Si l’apprentissage à l’école primaire est à encourager, la maternelle est à conquérir. Les parents peuvent de leur côté exposer leur enfant aux langues par le biais de supports écrits et multimédias adaptés. Quel espoir reste-t-il à l’adulte qui a davantage subi que participé à ses cours de langues ? Conversations via téléphone et Internet permettent une remise à niveau stimulante même si le séjour linguistique, quoi que coûteux en temps et en Euros, reste la solution d’immersion la plus efficace. Alors, prêts à plonger ?
1. Note évaluation 04.01, mars 2004, Ministère de l’Éducation Nationale.

