Repenser le contenu de notre foi

Par Jean-Luc Gadreau

Henri Bacher Henri Bacher

 

C’est Henri Bacher qui sera l’animateur principal du prochain week-end de formation EBCAM en Octobre 2011. Il est le fondateur de Logoscom, une association qui cherche à promouvoir l’évangile au sein de la société post-moderne. Afin de vous en faire découvrir davantage sur cet homme, nous avons décidé de lui poser quelques questions… Et nous n’avons pas été déçu par les réponses… Jugez-en par vous-même :

Qui est Henri Bacher ?

Je suis marié, père de deux garçons et de deux filles adultes et je réponds à cette interview du fond du Chiapas au Mexique en utilisant mon iPhone, ça vous donne un des volets importants de ma personnalité : le plaisir de me coltiner à d’autres cultures et l’intérêt pour les nouvelles technologies.

Quelles sont les deux réalisations dont tu es le plus fier ?

J’ai probablement eu autant d’échecs que de réalisations qui ont abouti. Depuis plus de 20 ans, je suis dans la recherche pour mettre les gens au contact de la Bible sans passer par la lecture. Etre un chercheur est donc lié à l’expérimentation, aux tâtonnements. Plusieurs produits et réalisations sont sortis de cette recherche, mais honnêtement, j’ai de la peine à parler de fierté. Peut-être aussi à cause de ma culture calviniste alsacienne. J’espère que Dieu est fier de moi!

Qu’est-ce qui t’inspire le plus ? Donne deux exemples.

En tant que chrétien, c’est bien sûr la Bible qui est une grande source d’inspiration pour moi. Mais je fréquente également assidument les musées d’art contemporain. Pour élaborer des messages visuels et communiquer aujourd’hui, ce sont des lieux incontournables. Les voyages me donnent l’occasion de peaufiner mes concepts théologiques en confrontation avec d’autres expériences religieuses.

Perçois-tu deux failles que l’église doit combler, selon toi, pour avancer dans le milieu de la créativité ?

Je ne parlerai pas de failles ni de créativité. C’est beaucoup plus complexe. Nous sommes dans un changement culturel qui est aussi important que celui opéré par la Renaissance. La culture du livre se fait laminer par la culture des mass-medias, d’Internet, de la téléphonie, des réseaux sociaux numériques, etc. La communication de nos églises est liée au livre et à la sphère scolaire. Un pasteur-enseignant, même avec un peu de créativité restera un « instituteur spirituel » de type scolaire. Aujourd’hui les gens veulent voir des acteurs, des conteurs, des artistes. Ils ne veulent plus aller à l’ »école » le dimanche matin et lire des textes… comme celui que je compose pour vous. Vous voyez, ce n’est pas aussi simple que cela.

Donne-nous aussi deux forces sur lesquelles tu penses qu’elle doit s’appuyer.

Vis-à-vis d’une nouvelle culture à investir et de nouvelles « tribus » à évangéliser, il faut de nouvelles vocations missionnaires, mais il faut aussi de nouvelles « sociétés » missionnaires qui rompent totalement avec le modèle du passé. Est-ce que l’Ebcam ne serait pas une de ces nouvelles entités qui débroussaillent la jungle médiatique, pour y installer des « stations » missionnaires ? Comme par le passé la force sera donc celle de la vocation et beaucoup de liberté accordée au « missionnaire ».

Quels conseils donnerais-tu à une personne qui doit communiquer dans (ou au nom de) l’Église ?

Négocie avec les responsables de la communauté un espace de liberté pour expérimenter un nouveau type de communication. Inspire-toi des plateaux de télévision pour transmettre ton message (gestion du corps, de l’espace scénique, absence de discours lu, etc.).

Est-ce que tu participes personnellement à la vie d’une église locale, et si oui, de quelle façon ?

Oui, je suis très actif dans ma communauté locale. Elle me donne justement des espaces d’expérimentation pour de nouveaux types de communication. Vous trouverez des expériences de cultes sous http://www.logoscom.org/idees-de-predication-divers.html

Pour chaque culte, j’ai réuni une équipe de créatifs pour mettre au point une activité cultuelle non conventionnelle. Et pour ceux qui voudraient se lancer dans ce genre d’expérimentation, sachez que ça ne passe pas comme une lettre à la poste. Le plus gros problème ce n’est pas de trouver de nouvelles idées, mais c’est de convaincre l’église de changer, si elle veut rester en vie.

Comment vois-tu ton intervention lors de l’EBCAM fin Octobre 2011 ?

Mes présentations ne sont pas des cours scolaires. Je travaille avec des paraboles visuelles. Je vais essayer de vous faire « sentir » les situations, avant de les analyser avec vous. Je vous proposerai de vous initier au message visuel, à l’exploration de la Bible avec des techniques visuelles (très performantes pour les groupes de jeunes et les groupes de maison). Vous aurez aussi l’occasion de faire connaissance avec nos arbres de méditation.

Un mot pour conclure ?

Un changement culturel ne suffit pas pour faire évoluer l’église, nous devons aussi repenser le contenu de notre foi. Calvin et les « réveillés » du 19ème siècle l’ont fait pour leur temps, nous, nous devons le faire pour le nôtre. Pour l’instant nous ne faisons que du recyclage.

Propos recueillis par Jean-Luc Gadreau


Jean-Luc Gadreau

Cet article a été écrit par Jean-Luc Gadreau

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