Malléable
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Malléable (7)

Maléable - le Blog de Jean-Luc Gadreau

Je vous propose de nous retrouver sur ce blog pour réfléchir ensemble à des questions très diverses autours principalement de la communication, l'art, le sport... et de tous les sujets qui m'intéressent. La malléabilité évoque la capacité d'un matériau à être souple... alors ne soyons pas trop rigide dans le cadre à donner à ce blog, ni dans nos interventions...

Wink

Mary Myriam, conteuse, sera l'une des intervenantes de la prochaine session de l'EBCAM (Ecole Baptiste de Communication Arts et Multimédia) qui se déroulera à Poitiers du 17 au 19 février.

Elle animera, entre autre, un atelier sur la prise de parole en public.

Mary Myriam, racontez-vous à nous…
Il était une fois une petite fille instruite de culture religieuse, accompagnée d’éducation chrétienne, élevée par une mère attentive et un père évangéliste. La Bible était lue quotidiennement, les chants racontaient les histoires bibliques, les prières jalonnaient les temps de la journée.
Ainsi, son amour des mots et du langage s’est nourri à l’église où la Bible, lue à haute voix, a forgé son écoute, mais aussi sur les bancs de l’école grâce à des professeurs passionnés de langue française. Sa langue et son univers se sont enrichis de ses lectures qu’elle partageait avec qui voulait bien les entendre: tout d’abord les enfants de l’école du dimanche, les « ados » du club puis les lecteurs dans les bibliothèques.
Après avoir suivi une initiation à l’art de conter en compagnie de Catherine Gendrin, une conteuse professionnelle, Mary Myriam découvrait qu’elle était conteuse. Alors les contes, les légendes, les récits ont débordé de ses lèvres à la rencontre de toutes les oreilles curieuses de les entendre. Elle porte aujourd’hui un répertoire dense et abondant, témoin de toutes ces histoires que les hommes ont échangées et inventées depuis qu’ils ont  la parole!
Mary Myriam clame en mots éphémères ce que certains peignent, mettent en vers, ou encore façonnent en terre pour voir les visages s’éclairer et réveiller un peu de ces sentiments que l’on garde endormis au secret des coeur.


Jésus parlait en parabole… un collègue finalement ?
Un maitre plutôt… mon maître !
Oui, Jésus parlait en paraboles quand il s’adressait au peuple dans le grand principe ‘que celui qui a des oreilles entende’… soit,  écouter avec son cœur
Jésus nourrissait la foule de paroles ancrées dans leur propre culture populaire et dans le quotidien de ses auditeurs. Ces histoires, portée par sa parole vivifiante,  le révélaient aux cœurs avides de consolation, d’instruction, d’apaisement. Jésus laissait ensuite la parole faire son effet: un conte ne s’explique pas… Il se reçoit dans toute sa saveur humaine, sociale et spirituelle!
Pourtant Jésus en a révélé la teneur instructive, symbolique et religieuse à ses disciples car ‘il leur était donné d’avoir la révélation des mystères u royaume des cieux’. La parabole,  récit imaginaire tiré de la vie courante, se destinait alors à illustrer une vérité spirituelle en devenant le matériau d’un enseignement pour les futurs messagers de l’évangile. Jésus  leur révélait une parole libre, créatrice, vitale.
Si le nouveau testament ne nous montre pas les disciples utiliser et transmettre l’enseignement de Jésus de cette manière nous retrouvons les allégories et paraboles dans la vie des disciples dans le récit des songes, notamment celui de Pierre… comme dans l’ancien testament d’ailleurs !

 
Quelles sont les réalisations dont vous êtes la plus fière ?
Je suis fière des créations qui témoignent au mieux de ma démarche artistique comme mon spectacle ‘Elles étaient une foi’. Cette création est  une exploration de l’histoire du christianisme, une composition de portraits de femmes par lesquelles j’imagine que le christianisme s’est transmis. ou encore la composition d’un poème épique sur labelle reine Ether. Là se rencontrent le texte biblique et historique et la tragédie de Racine : une composition entre littérature et culture biblique ; ou encore le spectacle ‘ Mémoires du gros chène’ : un écho à l’univers littéraire de François Mauriac. Le regard de cet homme sur la vie, l’enfance, et son éthique chrétienne me bouleverse. Ce spectacle souhaite en être témoin.


Qu’est-ce qui vous inspire le plus ?
Les rencontres, les émotions, mes lectures et  l’envie d’en parler,  mais l’inspiration reste un mystère !

Pourriez-vous évoquez deux failles que l’Église doit combler pour avancer dans le milieu de la créativité ?
Nous ne pouvons rien faire que nous ne connaissions déjà!
La créativité dépend de la liberté que l’artiste se permet et/ou qui lui est accordé par le public, pour explorer les gestes et fonctions fondamentales. Chanter, danser, sculpter,  peindre, sont des sublimations des fonctions de bases comme parler, bouger, prendre, écrire.
Alors les deux failles que je soulignerai :
le défaut de curiosité et culture artistique
le manque de liberté et l’intolérance

Et deux forces sur lesquelles elle doit s’appuyer ?

  • Sur la liberté que Christ nous a acquise à si grand prix
  • Sur le respect des autres et de soi même dans la reconnaissance et l’accueil des talents que Dieu a déposé en chacun de nous.

» C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis – Gal 5/ 1
« ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné, mais (un esprit) de force, d’amour et de sagesse – 2Tim 1/7

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui doit communiquer dans (ou au nom de) l’Église ?

Communiquer par la voix, la parole, le chant dans l’Église, au nom de l’Église, et partout ailleurs…

  • Fondamental, primordial : RESPIRER ! Le souffle c’est la vie.
    Il arrive souvent que nous prenions la parole dans un état de stress qui nous met en apnée.
    L’autre, le vis à vis, l’entend, le perçoit et cela parasite le propos exposé !
  • Savoir ce que l’on veut dire, à qui on le dit et pourquoi on le dit. Si le silence dit cela mieux que la parole, autant laisser le silence !
  • Etre attentif à son langage gestuel et corporel, ses postures.

Est-ce que vous participez personnellement à la vie d’une Église locale, et si oui, de quelle façon ?
Oui, je suis engagée dans mon église selon mes talents au sens biblique et artistique du terme. Des après midi contés autour du répertoire « Elles étaient une foi » sont organisés régulièrement de manière à rencontrer un public s’interrogeant sur la culture chrétienne.
Ce spectacle s’exploite alors comme matériau d’évangélisation.
Lors des évènements festifs de l’Église locale, je peux accompagner les groupes (enfants, ados, chœur) soit dans la mise en scène de scénettes, soit dans l’exploration vocale, ou dans la manipulations d’objets ou de marionnettes.

Comment voyez-vous votre intervention lors de l’EBCAM ?
Je souhaite cette rencontre comme un temps de partages et d’échanges d’expériences.
Je proposerai les jeux d’exploration vocale, pour se remettre en contact avec notre souffle.
Puis nous nous mettrons en diverses situations de communication par des jeux de théâtre, de lecture et d’improvisation.

Un mot pour conclure ?
Je suis ravie d’être accueillie par l’EBCAM pour partager ce que Dieu m’a donné.
Quand je vois des foules se presser aux concerts de variété, aux matchs sportifs ou dans les salles de cinéma, je me demande toujours combien de chrétiens sont dans ces foules.
Je suis impatiente de voir le temps où le chrétiens français proclameront le nom de Jésus par tous les moyens mis à leur disposition, dans une véritable exigence artistique.
Que la joie d’être ensemble le peuple racheté fasse des communautés chantantes, dansantes et déclamantes de poésie… comme le roi David.

Découvrez l'EBCAM : www.ebcam.fr

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Edito de Horizons Évangéliques n°23 - janv. - Fév. 2012

Si le nouvel an est classiquement synonyme de festivités et de vœux, ce « 2012 » résonne en nous, peut-être de façons diverses. Sans épiloguer sur le phénomène, certaines craintes accompagnent vraisemblablement ceux qui placent leur foi dans les prévisions apocalyptiques qui excitent les médias en mal de sensationnalisme, ou le web, vecteur de prédilection de ce genre de phénomène. Mais les inquiétudes peuvent naître plus simplement d’une situation économique mondiale extrêmement tendue avec des conséquences directes dans notre quotidien.

Pour contrecarrer cette morosité ambiante ou plus concrètement pour essayer d’en découdre avec elle, les grands organismes internationaux misent alors sur des valeurs fortes. Pour l’ONU, ce sera l’année internationale des coopératives –initiative heureuse dans le contexte évoqué– afin de mettre en évidence la contribution des coopératives pour le développement économique et leur efficacité pour la lutte contre la pauvreté, la création d'emplois et l'intégration sociale. De son côté, l’UNESCO en fait l’année internationale de l’énergie durable pour tous.

Dans notre petit hexagone, les élections présidentielles et législatives vont monopoliser notre attention, ce qui d’ailleurs, nous entraîne d’ores et déjà dans ce numéro à nous pencher sur le rapport entre foi et politique, à la lumière de ces enjeux nationaux.

Mais malgré tout, et comme tous les ans quoi qu’il en soit, chacun entame ces trois cent soixante six jours –année bissextile oblige– avec des envies, des attentes, des projets... des joies, et des peines… des espoirs, des certitudes et des questionnements. C’est pourquoi finalement, j’aimerais vous souhaiter à tous d’entrer en 2012 dans les pas de celui qui est la réponse, en reprenant des vœux de l’apôtre Paul « Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix, toujours et en toute occasion »(1). Faire le choix de la paix contre la tentation de la crainte !

Jean-Luc Gadreau


1. 2 Thessaloniciens 3.16

Décembre dans la communauté des diaconesses de Reuilly à Versailles

 

Samedi 3 et dimanche 4 décembre de 10h à 19h : Exposition-vente des travaux d'artisanat de la Communauté
(couronnes d'avent, crèches, bougies, mobiles, poteries, peitnures sur bois, patchworks, pastels encollés, cartes, miel, tresses et pains fais maison, protduits naturels pour la santé, huiles essentielles, etc.)
Dans les locaux de la maison de santé "Claire Demeure", 12, rue porte de Buc à Versailles - Gare depuis Montparnase, arrêt Versailles Chantiers, sortie "porte de Buc" puis à droite.
dimanche 4  décembre à 15h 30 Musique et prière : audition commentée de la Cantate de Noël de Jean Sébastien Bach
Aucune connaissance musicale n'est requise. Dans la Chapelle de la communauté des Diaconesses de Reuilly,  à Versailles. 
Retraite spirituelle du 28 décembre au 1er janvier
 A noter que les retraites se vivent dans un esprit de silence et de prière et qu'elles ne sont pas conseillées à des personnes fragiles nerveusement. 

 

VERSAILLES - 10 rue Porte de Buc

 Gare depuis Montparnase, arrêt Versailles Chantiers, sortie "porte de Buc" puis à droite.

Renseignements :  01.39.24.18.80   Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

Nombreuses sont les images utilisées dans la Bible pour évoquer tel ou tel aspect de la foi. L’Église est ainsi comparée à une épouse, à un corps, à une armée, un royaume (aujourd’hui même une entreprise)... mais la métaphore la plus présente, plus ou moins directement, est sans nul doute celle de la famille. Les écrits de Paul et de Jean sont ainsi ponctués par le langage et l’imagerie de la famille.


Une façon de vivre l’Église


L’Église-famille n’a évidemment de sens que si les caractéristiques propres à chacune sont plus ou moins identiques. Apparaissent ainsi toutes sortes de valeurs fondamentales comme l’affection mutuelle, l’entraide, la communion, le partage des joies, des peines et des responsabilités. La famille comme l’Église s’inscrit aussi dans une histoire, avec un passé, une « hérédité », des valeurs, mais aussi une espérance, un avenir et la volonté de grandir, de donner la vie... Un auteur sur la question écrivait : « L’Église, telle qu’elle est dans le Nouveau Testament, est une famille. De ce fait, elle propose l’interdépendance, plutôt que l’indépendance. L’unité plutôt que la fragmentation. La participation au lieu du spectacle. Le contact plutôt que l’isolement. Le corps plutôt que l’institution. Les relations plutôt que le programme. Les liens plutôt que l’indifférence. »


Alors, dans un monde où la famille, malmenée, devient souvent dysfonctionnelle, l’Église peut à son tour se retrouver fragilisée par ces mêmes bouleversements sociétaux. Nous ne devons cesser d’entendre cette métaphore biblique comme l’attente divine à l’égard de son peuple qu’il choisit et construit jour après jour.


En quête d’adoption


Le pendant direct de ce constat est la perte de repères familiaux que beaucoup de gens ressentent dans leurs propres parcours. L’Église peut alors devenir une « famille d’adoption ». C’est même souvent un facteur d’intégration premier. « Alors que je me sentais rejetée et incomprise dans ma propre famille, j’ai trouvé dans l’Église un sens, une valeur et le goût des relations aux autres » témoigne Catherine. « Maltraité par mes parents génétiques, j’ai retrouvé en Dieu un père et après avoir cheminé dans une guérison nécessaire, j’ai pu à mon tour le devenir sereinement. » raconte également Marc.


S’il peut exister là, dans certaines situations, une forme de risque qui pourrait entacher le sens profond de la foi et de l’engagement spirituel, il n’en demeure pas moins que la notion d’adoption est ancrée dans le texte biblique et fonde une nouvelle relation. Galates 4.4-5 nous dit ainsi : « Mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachète ceux qui étaient sous la loi, afin que nous recevions l’adoption. »

 

Après que Christ soit devenu notre Sauveur et, ainsi, eut fait de nous des enfants de Dieu le Père, nous pouvons entrer dans sa présence avec assurance. Nous avons le droit de lui dire : « Tu es notre Père » et il répondra : « Vous êtes Mes enfants ».

 

Article de Jean-Luc Gadreau paru dans Horizons Évangéliques n°22 - Tour d'Horizon "Recomposer la famille"

L'annonce du décès de Steve Jobs a été relayée avec une puissance incroyable dans le monde entier. Cet homme a marqué notre histoire contemporaine. Son nom, comme celui de sa marque, sont quasiment devenus synonymes de technologie, d'innovation... Je tape d'ailleurs ces mots sur le fin et design clavier de mon iMac, avec mon iPhone 4 et mon iPad juste à côté de moi, fidèle "Appleaddict" que je suis Cool.

Dans la même semaine, lors d'une étude biblique sur la construction du Temple de Salomon, je me suis retrouvé à évoquer le changement finalement accepté par Dieu de passer de la tente à une maison (1 Chroniques 17.1/3). Si Dieu ne change pas dans sa nature propre, dans ce qui fonde ce qu'il est... nous le voyons être prêt à suivre un changement fondamental que le peuple est en train de vivre. Il entre finalement dans le jeu d'une évolution significative tout en restant le même. Les échanges résultants de cette analyse rapide m'ont conduit à y repenser dans ce contexte de décès brutal de cet homme qui a conduit notre société à vivre une évolution technologique significative. Oui, je crois que Dieu est prêt à suivre nos évolutions technologiques... Et l'Église est appelée à y être d'autant plus sensible !

Et au cas où vous n'auriez pas eu le loisir de lire ou d'entendre cette petite histoire pour finir, on raconte que ... lorsque Steve Jobs arrive au Paradis, quelqu'un s'approche de lui et l'interpelle « Bonjour, je suis Moïse, et les 2 tablettes censées changer le monde c'était mon idée ! »

 

 

C’est Henri Bacher qui sera l’animateur principal du prochain week-end de formation EBCAM en Octobre 2011. Il est le fondateur de Logoscom, une association qui cherche à promouvoir l’évangile au sein de la société post-moderne. Afin de vous en faire découvrir davantage sur cet homme, nous avons décidé de lui poser quelques questions… Et nous n’avons pas été déçu par les réponses… Jugez-en par vous-même :

Qui est Henri Bacher ?

Je suis marié, père de deux garçons et de deux filles adultes et je réponds à cette interview du fond du Chiapas au Mexique en utilisant mon iPhone, ça vous donne un des volets importants de ma personnalité : le plaisir de me coltiner à d’autres cultures et l’intérêt pour les nouvelles technologies.

Quelles sont les deux réalisations dont tu es le plus fier ?

J’ai probablement eu autant d’échecs que de réalisations qui ont abouti. Depuis plus de 20 ans, je suis dans la recherche pour mettre les gens au contact de la Bible sans passer par la lecture. Etre un chercheur est donc lié à l’expérimentation, aux tâtonnements. Plusieurs produits et réalisations sont sortis de cette recherche, mais honnêtement, j’ai de la peine à parler de fierté. Peut-être aussi à cause de ma culture calviniste alsacienne. J’espère que Dieu est fier de moi!

Qu’est-ce qui t’inspire le plus ? Donne deux exemples.

En tant que chrétien, c’est bien sûr la Bible qui est une grande source d’inspiration pour moi. Mais je fréquente également assidument les musées d’art contemporain. Pour élaborer des messages visuels et communiquer aujourd’hui, ce sont des lieux incontournables. Les voyages me donnent l’occasion de peaufiner mes concepts théologiques en confrontation avec d’autres expériences religieuses.

Perçois-tu deux failles que l’église doit combler, selon toi, pour avancer dans le milieu de la créativité ?

Je ne parlerai pas de failles ni de créativité. C’est beaucoup plus complexe. Nous sommes dans un changement culturel qui est aussi important que celui opéré par la Renaissance. La culture du livre se fait laminer par la culture des mass-medias, d’Internet, de la téléphonie, des réseaux sociaux numériques, etc. La communication de nos églises est liée au livre et à la sphère scolaire. Un pasteur-enseignant, même avec un peu de créativité restera un « instituteur spirituel » de type scolaire. Aujourd’hui les gens veulent voir des acteurs, des conteurs, des artistes. Ils ne veulent plus aller à l’ »école » le dimanche matin et lire des textes… comme celui que je compose pour vous. Vous voyez, ce n’est pas aussi simple que cela.

Donne-nous aussi deux forces sur lesquelles tu penses qu’elle doit s’appuyer.

Vis-à-vis d’une nouvelle culture à investir et de nouvelles « tribus » à évangéliser, il faut de nouvelles vocations missionnaires, mais il faut aussi de nouvelles « sociétés » missionnaires qui rompent totalement avec le modèle du passé. Est-ce que l’Ebcam ne serait pas une de ces nouvelles entités qui débroussaillent la jungle médiatique, pour y installer des « stations » missionnaires ? Comme par le passé la force sera donc celle de la vocation et beaucoup de liberté accordée au « missionnaire ».

Quels conseils donnerais-tu à une personne qui doit communiquer dans (ou au nom de) l’Église ?

Négocie avec les responsables de la communauté un espace de liberté pour expérimenter un nouveau type de communication. Inspire-toi des plateaux de télévision pour transmettre ton message (gestion du corps, de l’espace scénique, absence de discours lu, etc.).

Est-ce que tu participes personnellement à la vie d’une église locale, et si oui, de quelle façon ?

Oui, je suis très actif dans ma communauté locale. Elle me donne justement des espaces d’expérimentation pour de nouveaux types de communication. Vous trouverez des expériences de cultes sous http://www.logoscom.org/idees-de-predication-divers.html

Pour chaque culte, j’ai réuni une équipe de créatifs pour mettre au point une activité cultuelle non conventionnelle. Et pour ceux qui voudraient se lancer dans ce genre d’expérimentation, sachez que ça ne passe pas comme une lettre à la poste. Le plus gros problème ce n’est pas de trouver de nouvelles idées, mais c’est de convaincre l’église de changer, si elle veut rester en vie.

Comment vois-tu ton intervention lors de l’EBCAM fin Octobre 2011 ?

Mes présentations ne sont pas des cours scolaires. Je travaille avec des paraboles visuelles. Je vais essayer de vous faire « sentir » les situations, avant de les analyser avec vous. Je vous proposerai de vous initier au message visuel, à l’exploration de la Bible avec des techniques visuelles (très performantes pour les groupes de jeunes et les groupes de maison). Vous aurez aussi l’occasion de faire connaissance avec nos arbres de méditation.

Un mot pour conclure ?

Un changement culturel ne suffit pas pour faire évoluer l’église, nous devons aussi repenser le contenu de notre foi. Calvin et les « réveillés » du 19ème siècle l’ont fait pour leur temps, nous, nous devons le faire pour le nôtre. Pour l’instant nous ne faisons que du recyclage.

Propos recueillis par Jean-Luc Gadreau

Pour le premier article de ce blog, j'aimerai vous proposer un extrait de mon livre "Malléable... pour tout recommencer". Un passage dans lequel est évoqué la question des modes qui touche la création artistique et à laquelle se retrouve aussi confronté l'artiste chrétien. Évidemment, cet extrait s'inscrit dans une réflexion plus approfondie, au cœur du chapitre "Développer son potentiel créatif" et du paragraphe intitulé "Nos prisons religieuses".

 

"Un autre phénomène est l’enfermement dans des modes.  L’ensemble du milieu artistique est inévitablement concerné. Il apparaît clairement que cela ne conduit que très rarement à la révélation de véritables artistes. Il produit  plutôt des phénomènes éphémères, souvent marionnettes d’un système où seul l’argent et la rentabilité compte. Et le cas échéant, malgré tout, la véritable dimension artistique se réalise une fois que l’artiste arrive à se détacher de ce qui l’a conduit sur le devant de la scène. Un exemple flagrant est celui d’Olivia Ruiz qui s’est fait connaître par le biais de la première édition de la Star Academy (sans toutefois la gagner... justement à cause de certains aspects non-conformistes qui pouvaient déjà apparaître). Après un temps où elle disparut des attentions médiatiques, elle revint avec son premier album extrêmement original, loin des sentiers battus, où sa véritable personnalité apparaissait et c’est là qu’elle gagna ses lettres de noblesse artistique et commença sa carrière. Je me souviens avoir été heureux de la retrouver ainsi car ses prestations sur les ‘‘primes’’ de TF1 m’avaient laissé penser que se cachaient là de sacrés talents à découvrir autrement.

On pourrait supposer que ces phénomènes de mode n’aient pas de raison d’atteindre l’artiste qui porte en lui des convictions chrétiennes. Hélas, le monde évangélique est pourtant on ne peut plus sensible à cette pratique qui va bien au-delà d’ailleurs de la dimension artistique et touche aussi les pratiques ecclésiales, les ministères et les Églises elles-mêmes... qu’il s’agisse de courants de l’Esprit, je vous l’accorde, mais force est de constater qu’il s’agit bien souvent de courants bel et bien liés à notre humanité et à nos faiblesses !

Pour ce qui est de l’art, ce fonctionnement hyper-sensible aux modes, aboutit à un appauvrissement flagrant. Il se produit une sorte d’uniformisation de la création pour pouvoir être reconnu, vendre un peu, et avoir l’impression d’être dans le coup ! Dans la musique, un artiste croyant doit quasi-forcément enregistrer de la ‘‘louange’’ et (je ne citerai pas de nom, mais mes propos s’appuient sur de nombreux exemples) se retrouve à devoir s’excuser quand il enregistre ou interprète une chanson qui sort de ce registre. Et même, en se cantonnant simplement à la musique dite de louange, vous allez avoir pendant x années des copies conformes de tel groupe francophone qui a bien marché, puis x autres années des albums dans le genre de tel groupe anglophone hyper cool (lui même fortement inspiré d’un autre groupe séculier référence), puis enfin x années dans le genre de telle communauté australienne qui fait fureur actuellement mais elle même sans doute déjà dépassée par la nouvelles ‘‘idole’’ montante. Cela pourra en faire sourire certains, j’imagine, mais c’est hélas un constat qui reflète je crois assez bien la réalité à laquelle nous nous heurtons depuis un certain temps. Loin de moi l’idée de critiquer ceux qui deviennent références et qui souvent d’ailleurs ont été eux-mêmes innovant en leur temps. Mais comment pouvoir être libre pour développer son potentiel artistique si je dois me conformer à un style, à une mode et finalement à un travail commandé d’avance ?"

 

Plus d'infos : www.lpl7.fr

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